La vie, la vie, de 1972 à aujourd'hui.
Voilà Loukoum, j'y suis.
1972 - Encore une année avant mon arrivée.
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1977 - J'ai 4 ans. Ma vie tourne autour de mes toutous. J'aime les spaguetti au jus de tomate de ma nounou, les branches de céleri trempées dans le sucre de grand-maman et les galettes à la mélasse de papa. Je ne peux m'endormir sans le rituel des bisous de bonne nuit avec maman, j'écoute Bobino et bobinette, et me laisse bercer dans le hamac de la campagne chez grand-papa. Mon enfance évolue au rythme de mélodies bien connues:
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1982 - J'ai 9 ans. Mon imaginaire se construit, entre autres, autour de Pépin la bulle, de Candy et des albums de Martine. Je m'amourache de mon professeur de 6e, Jean-Pierre. Ma Tourterelle, mon école primaire. Du chant et de la musique, des initiatives, une approche alternative. Bricolage, classe neige, classe verte et camping. Initiation à la cuisine et recette de pommes d'amour au caramel. Cette période de sept ans influencera profondément ma vie d'adulte. J'y apprendrai à me faire confiance et à devenir autonome. À l'extérieur, je joue du piano, monte à cheval l'été et danse le ballet jazz. Je monte même sur scène pour danser en groupe sur Thriller de Michael Jackson. Croyez-le ou non, je pourrais sur-le-champ vous en danser quelques mouvements.
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1987 - J'ai 14 ans. Je suis rebelle et mouton noir. Adolescente têtue, intolérante, colérique et susceptible. Je garde sous clé mon journal intime. Je n'aime pas Véronica, j'adore Betty et je rêve de faire partie de la bande à Archie. Ma collection d'albums impressionne, je n'en manque pas un. J'aime la réglisse et la barbe à papa de la Ronde. Je connais par coeur les chansons de Corey Hart et de Depeche Mode. Je participe à un échange outre-mer avec des élèves d'une école de Royan, en France, et y passe une semaine dans la famille de ma correspondante Sandrine. Mais d'abord, passage à Londres et séjour à Paris. Une expérience unique dont je garde de précieux souvenirs. Pendant ce temps et sur plusieurs années, j'ai le béguin pour le beau Marc-André, qui lui est amoureux fou de ma meilleure amie... C'est le drame de l'époque. Mes amitiés sont instables, je m'intègre difficilement et j'en souffre silencieusement.
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1992 - J'ai 19 ans. J'entre à l'université en travail social. Il me faudra un an et demi pour réaliser que ma grande sensibilité ne me destine pas à ce genre de profession. Tout de même, j'y rencontre des gens qui me marqueront longtemps. Des amies, des hommes aussi. Pour la deuxième année consécutive, je pars avec des copines en vacances au soleil. Les bikinis, les palmiers, les cuba libre, l'amour, la chaleur et le merengue. Je danse sur Deee-lite, mes cheveux sont presque rasés, je commence à fumer la cigarette, je travaille dans une pizzeria et porte fièrement mon manteau de cuir noir. Difficile à croire? :-)
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1997 - J'ai 24 ans. En appartement à Montréal depuis presque trois ans. Ma coloc et moi fusionnons. On ne se quitte pas d'une semelle. Nous faisons tout ensemble: les courses, les sorties dans les bars, les nuits blanches à rire, à étudier, à pleurer, à refaire le monde. Nous vénérons Bono et Portishead. Nous vivons joyeusement mais pauvrement. Nous nous alimentons de macaroni au fromage et de sandwichs au beurre d'arachide. En parallèle, après trois années de passion déchirante, je vis un premier chagrin d'amour. J'étudie en littérature et me plonge tous les jours dans mes livres. L'été, je bosse comme serveuse dans un café et me déplace partout à vélo. La vie est belle.
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2002 - J'ai 29 ans. Je ne fume plus depuis un an et, après dix ans de service, j'accroche enfin mon tablier de serveuse. Je mets derrière moi de beaux moments, d'agréables et mémorables rencontres, de chics endroits, d'autres moins sympa... Finis les clients qui, dès 6h le matin jusqu'à tard l'après-midi, exigent oeufs tournés, bacon bien cuit, rôties pain brun et refill de café corsé. Je reprends mes études et fais mes débuts dans mon domaine.
L'année suivante, je verrai Prague et Paris. Au retour de ce voyage, j'amorcerai la période la plus pénible de ma vie. La plus souffrante, la plus troublante. Rien que d'y penser, mon coeur se resserre. Une descente aux enfers qui durera près de cinq ans, mais de laquelle je crois être sortie plus forte, plus réfléchie, plus sensible et reconnaissante envers la vie. J'y ai appris, entre autres, que donner donne...
Pour souligner la fin de cette pénible phase, je me fais tatouer un magnifique oiseau du paradis, qui couvrira près du quart de mon dos pour toute ma vie.
Les impératifs de ce petit questionnaire tombent bien. Ils me permettent de vous épargner les détails de ces années difficiles... et, du même coup, m'épargnent d'avoir à me les remettre trop concrètement en mémoire.
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2007 - J'aurai 34 ans. Bien que l'année se soit amorcée sur une fausse note, elle me permet déjà de réfléchir à la valeur des relations humaines, du don de soi, de la communication, de la sincérité et du courage. Récemment, mes barrières tombent et je m'abandonne enfin à une certaine libération. Craintes et soucis du passé cèdent lentement leur place à une envie de petits bonheurs au quotidien. Et aujourd'hui, j'ai la tête pleine de voyages et de perspectives d'avenir heureux.
Pour la suite, je ne me prononce pas. J'ai confiance. La vie réserve des surprises; le secret, c'est de savoir les accueillir.
Si cet exercice lui fait envie, je cède le flambeau à Lilo, mon amie.
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