24 décembre 2008
Pain de couscous aux poivrons marinés
Vous, vous êtes superstitieux
ou pas? Moi, je ne le suis pas, et je ne l'ai jamais été. Mais la
semaine dernière, j'ai passé proche de le devenir... Sauf que là,
maintenant, je sais que jamais je ne le deviendrai.
D'abord, deux miroirs cassés. Accroché bêtement d'un coup de balai, mon grand miroir de chambre tout neuf se fracasse à mes pieds. Plus de peur que de mal. Le lendemain, alors que je suis dans la pièce d'à côté, l'un des miroirs de la salle de bain tombe sur les carreaux. Lui, à peine fêlé; moi, un peu troublée. Bah! «Les superstitions, j'y crois pas». Ouais... c'est pas si simple de juste pas y croire. C'est un signe? Un miroir cassé, sept ans de malheur... et de deux. Quatorze? Bon, bon, ça va faire. Plus tard, dehors, en tentant tant bien que mal d'éviter les zones glacées des trottoirs, je me faufile entre quelques personnes pour rapidement prendre le chemin qu'aucune autre ne semble vouloir prendre. Je comprends pourquoi une fois de l'autre côté seulement. Comme répondant à un appel, je fais volte face; je viens de rompre le triangle de l'échelle. Bon, pourquoi m'en faire au fond? Ce n'est pas la première fois, pourquoi est-ce qu'aujourd'hui, ce serait différent? Restaient le sel et le chat noir. Vendredi dernier, j'ai gâché un plat en raison d'une salière dont l'embout a lâché, laissant s'échapper suffisamment de sel pour non seulement ruiner mon souper, mais aussi ajouter une grosse pincée aux signes annonciateurs d'un malheur qui semblait se dessiner. Et pour les chat noirs, inutile d'en parler... Pas moins de cinq errent sur ma rue quotidiennement. J'y suis habituée. Avouez qu'après ça, toute personne vraiment superstitieuse se serait attendue à la pire des catastrophes. J'y croyais presque... jusqu'à ce qu'arrive dimanche.
Dimanche, toute la journée, j'ai senti dans mon coeur comme une rafale de petits bonheurs.
De nombreuses bonnes nouvelles se sont succédé, effaçant peu à peu tous
les précédents signes si décourageants. Au matin de cette journée, j'ai
bravé la tempête pour prendre le petit déjeuner en compagnie d'une
personne que j'avais côtoyée dans un contexte plutôt expéditif et un
environnement bondé, et avec laquelle j'avais très envie d'approfondir mes
rapports. Ces trois heures passées ensemble m'ont confirmé tous les
points communs que je nous soupçonnais d'avoir, malgré nos nombreuses
différences. Trois heures de discussions tantôt profondes tantôt
anodines, de regards complices et de rires, de confidences et de
projets d'avenir. Nous avons parlé bouffe, évidemment. De nos
expériences, de nos préférences et de nos approches respectives. Sur le
chemin du retour, quoique désorientée par la neige qui m'aveuglait, je
voyais clairement. Je voyais que quand on aime et qu'on y croit, quand
on sème tranquillement ses petites graines ici et là, inévitablement,
ça se met à fleurir autour de soi. Il faut apprendre à ignorer les
mauvaises herbes et continuer à arroser et à admirer toutes ces fleurs qui nous agayent.
Et le lien avec la recette présentée? Je l'avoue, cette longue introduction était bien plus un prétexte pour vous partager mes pensées heureuses, mais je crois tout même possible d'en établir un. Voyez-vous, aujourd'hui, trois jours plus tard, je suis encore étonnée de voir à quel point cette personne a su si bien me lire. Quelques-uns de ses propos : «Il y a chez toi cette façon de nier la nourriture pour la réinventer.» C'est trop vrai. Quand j'observe des aliments à cuisiner, j'ai souvent et instinctivement tendance à vouloir les détourner du chemin qu'ils ont l'habitude de prendre. J'ai envie de m'aventurer hors des sentiers battus, d'expérimenter autre chose que ce que l'on attend d'eux. Pour preuve, le pain du jour (ou terrine, c'est comme vous voulez). Cette fois-ci, avec le couscous, point de salade, de taboulé ou de plat royal. Que non. Pourquoi ne pas rendre au couscous la vraie nature du couscous? Celle qui lui «colle à la peau». Oui, son caractère collant, justement. Pourquoi l'égrainer constamment et avec acharnement, alors qu'à merveille, il colle si naturellement? Voici un plat qui change des mets de couscous que l'on connaît tous. Un plat coloré qui pourrait aussi très bien plaire sur votre table des Fêtes.
Pain de couscous aux poivrons marinés, olives et feta (version améliorée)
2 tasses (250 g) de couscous tamisé bio
2 tasses (500 ml) de bouillon aux fines herbes (ou légumes, poulet, etc.)
Poivrons rouges et jaunes rôtis marinés, coupés en lamelles
Le zeste et le jus d'un citron
100 g (environ 3/4 tasse) de feta de brebis
1 poignée d'olives, tranchées finement
4 c. à soupe de yogourt nature
Sel, poivre, épices et herbes au goût (fenouil, basilic, romarin, persil, etc.)
Mettre le couscous dans un grand saladier. Verser le bouillon chaud, couvrir et laisser gonfler de 5 à 10 minutes. Tapisser un moule à cake d'une pellicule de plastique. Y déposer les lamelles de poivrons, en faisant monter sur les côté et en alternant les couleurs, puis réserver. Une fois le couscous cuit, incorporer le zeste et le jus du citron, les olives, le yogourt et les herbes. Saler, poivrer et mélanger. Étendre dans le moule en veillant à ce que les extrémités des lamelles de poivrons restent sur les côtés. Procéder graduellement, en pressant fortement à l'aide d'une cuillère (ou des mains; ça va beaucoup mieux) pour que les grains de couscous collent bien. Couvrir et réfrigérer au moins deux heures. Retourner sur un plat de service pour démouler. Tirer délicatement sur la pellicule de plastique pour aider au démoulage. Trancher et servir avec un coulis de poivrons rôtis (mixer quelques poivrons rôtis avec un soupçon de miel).
Ce pain se décline à volonté, en plat sucré ou salé. Laissez ces petites graines de bonheur vous inspirer!
JOYEUSES FÊTES!
29 novembre 2008
Un onctueux trésor dort dans vos armoires
Parfois, trois ou quatre fois rien suffisent. On l'ignore encore, mais une source de réconfort se trouve tout près, à notre portée et vite réalisée... deux temps, trois mouvements et quatre ingrédients (ou presque). Déconstruite, elle se définit rapidement, en quelques ingrédients qui, une fois ensemble, nous ravissent par leur parfait accord, mais surtout par leur utilisation jusqu'alors inexplorée.
Avant de goûter à ce délicieux trésor, Dom croyait que la semoule lui donnerait une sensation de lourdeur, mais au contraire! En bouche, cet onctueux couscous-pudding est un véritable nuage de douceur tout moelleux et ultra léger. Et le plus beau dans tout ça, c'est évidemment qu'il se décline à volonté. Ne passez pas à côté de cette délicieuse merveille... les chances sont que vous avez déjà tout dans vos armoires pour vous en délecter.
Couscous-pudding pour moment de cocooning
Donne 4 portions
Ingrédients
125 ml de lait de soya
1/2 c. à thé de cardamome (ou plus, au goût)
1 poignée d’abricots secs coupés en morceaux
1 tasse (environ 225 g) de couscous déjà CUIT (suivre le mode de cuisson du fabricant)
1 tasse (environ 250 g) de yogourt à la noix de coco (à défaut, yogourt à la vanille + noix de coco râpée)
Pistaches hachées
Préparation
Dans une petite casserole, porter à ébullition le lait, la cardamome et les abricots secs.
Laisser frémir un instant, puis retirer du feu. Couvrir et laisser reposer 10 minutes.
Verser sur le couscous cuit, ajouter le yogourt et bien mélanger. Déguster tiède ou froid. Saupoudrer de pistaches hachées.
Remarques et variantes :
Le pudding est encore meilleur après avoir été réfrigéré au moins deux heures, ou mieux, toute une nuit (mais il est aussi très bon juste tiédi).
Pour rehausser le goût fruité, faire cuire le couscous dans du jus d'orange, de pomme, etc. Évidemment, vous pouvez vous amuser à varier les ingrédients...
Épices, arômes : cannelle, muscade, gingembre, anis étoilé, extrait de vanille, cacao, espresso, zeste d'agrumes, etc.
Fruits frais ou séchés : mangue, framboises, banane, orange, poire, melon, raisins secs, figues sèches, dattes, etc. (si vous mettez des fruits frais, ne les faites pas cuire. Ajoutez-les au mélange avant de réfrigérer).
Lait : lait de vache, de riz, d'amandes (aromatisé ou non)
Yogourt : vanille, citron, fraises, pêche, moka, etc.
Oléagineux : graines de tournesol, amandes, noix de pécan, noix de cajou, graines de pavot, graines de citrouilles, etc.
22 novembre 2008
Salade de lentilles à ce que l'on veut bien qu'elle soit
Il y a à peine quelques semaines, je ne connaissais pas Daniel Pinard. Bon oui, évidemment que je savais qui il était, mais j'ignorais encore quel était son genre de cuisine, ce qu'il préconisait, etc. Je le connaissais pour ses apparitions souvent remarquées et toujours à propos, mais, je l'avoue maintenant, honte à moi, jamais je n'avais visionné ses émissions... Alors, inutile de vous dire qu'avant de me rendre sur les lieux du tournage il y a deux semaines, j'avais fait mes devoirs. J'avais feuilleté ses deux bouquins de cuisine et visionné deux ou trois de ses émissions. Mais me retrouver face à lui sans trop le connaître par l'entremise de la télévision m'aura sans doute aidée à le découvrir de la plus simple des façons: en personne, certes, mais, dans ce cas-ci, surtout par écrit. Durant un mois, nous avons assidûment correspondu pour discuter «récettes» et savoir-faire, saveurs et variantes, produits d'ici et coups de coeur d'ailleurs, dans le but de préparer l'émission dont je vous ai déjà parlé, mais également celle dont le tournage avait lieu aujourd'hui et duquel je reviens à l'instant. Et bien oui, j'ai eu droit non pas à une, mais à deux participations à l'émission Du coeur au ventre de Daniel Pinard. Moi, privilégiée? Oui, et je le sais.
Notre correspondance et nos conversations sur le plateau m'ont appris bien des choses sur lui, sa cuisine, sa philosophie, son caractère, etc., mais si je devais résumer tout cela en une seule idée, je vous dirais sans hésiter que ce que prône Daniel en cuisine, c'est avant tout la simplicité. Le plaisir et la simplicité. Le bonheur de se laisser aller, de se laisser inspirer par des saveurs, des textures et des arômes pour réinventer les plats à sa manière, et ce, sans jamais trop s'inquiéter. Oser sans peur de se tromper! Quand j'ai compris ça, j'ai aussi compris pourquoi il m'avait invitée. Pourquoi il trouvait mon blog si charmant et «exquis», et mon approche si semblable à la sienne. Nous cuisinons des plats de nature radicalement opposée, mais nous nous rejoignons dans notre manière d'aborder la cuisine... c'est-à-dire avec liberté.
Voilà
qui m'amène à vous présenter cette recette toute simple qui se prête
justement à l'idée d'un esprit libre en cuisine. Les salades de
lentilles, de couscous, de riz, de millet, etc. ont cela de merveilleux
qu'elles peuvent prendre l'allure et le goût que vous aurez bien envie
de leur donner. Inutile de vous poser davantage de questions! Mais pour
faire la bonne fille, je vais quand même vous mentionner ce que
celle-ci contient, en espérant tout de même que vous réaliserez la
vôtre à votre façon!
Salade de lentilles au fenouil et aux tomates séchées
Ingrédients
1 boîte de lentilles brunes, rincées et égouttées
1 grosse poignée de jeunes pousses d'épinards hachées
1 petite poignée de tomates séchées coupées en petits morceaux
1 bulbe de fenouil, émincé
3 c. à soupe d'huile d'olive
1 c. à soupe de vinaigre de vin blanc
1 pincée de sucre de canne
Le zeste et le jus de 2 citrons verts
Sel de céleri
Préparation
Dans un saladier, mélanger les lentilles, les pousses d'épinards, les tomates séchées et le bulbe de fenouil.
Dans un petit bol, fouetter l'huile d'olive, le vinaigre de vin blanc,
le sucre de canne, le zeste et le jus des citrons verts et le sel de
céleri. Verser sur le mélange de lentilles.
Réfrigérer pendant 20 minutes, le temps que les arômes se développent.
***
Mes amis, dans la colonne de droite, j'ai ajouté la fonction «cyberbulletin», ou newsletter
comme le disent certains, auquel vous pouvez vous
abonner si vous le souhaitez (et les petits timides peuvent même le faire de manière anonyme). Je ne promets rien, c'est-à-dire que je
ne m'engage pas à vous écrire un bulletin de nouvelles chaque mois,
mais si à l'occasion, j'ai envie de vous partager une nouvelle
particulière (ou de vous rappeler les dates de diffusion, de ces deux émissions: les 13 février et 17 avril,),
un quartier ou un endroit sympa de Montréal ou des alentours, des photos prises ici et là au gré de mes promenades et découvertes (comme celle-ci prise près du bureau au centre-ville de Montréal par un matin de brouillard... les rayons du soleil dans la brume étaient éblouissants de beauté), et
pourquoi pas des vidéos de tempêtes de neige (hein Tit'?),
c'est là que je le ferai. Puis, comme il ne s'agira nullement d'une
publication réglée comme une horloge, vous aurez toujours la surprise
de me voir arriver!
15 novembre 2008
Rouleaux hivernaux
Pourquoi hivernaux? C'est vrai qu'en apparence, ils n'ont franchement rien de l'hiver et tout du printemps. Oui, mais en apparence seulement. En fait, par les temps qui courent, jamais je n'aurais pu songer vous cuisiner des rouleaux printaniers. Non pas seulement parce que les concombres ne sont plus de saison, mais bien tout bêtement à cause de leur nom*. Parce que voyez-vous mes amis, ici, ça sent l'hiver en titi (voir ici sous la lettre E pour en titi... et autre expressions québécoises pour des heures de plaisir... avis aux Français)! Le froid matinal a eu raison de ma saison «vélo au boulot» (d'ailleurs, je me félicite d'avoir tenu le coup jusqu'à si loin en novembre, à -6 degrés Celsius plus le vent), la noirceur envahit les rues de la ville aussi tôt qu'avant les coups de 17 h, les automobilistes reprennent leurs humeurs désagréables des fins de journées de trafic et les autobus se bondent de tous ceux qui comme moi pleurent l'entreposage du vélo et l'arrivée du froid.
Mais tout cela n'est que temporaire, vous le savez comme moi. Je laisse rarement ce genre de détail me distraire de ma bonne humeur. D'autant plus que ces derniers temps, j'ai de quoi sourire. Un livre en librairie, un autre en création, une expérience inoubliable avec monsieur Pinard et une seconde invitation à son émission aussi rapidement que samedi prochain, tout cela, ce n'est pas rien, hein? Et puis, aussi bien vous le dire tout de suite, car vous l'aurez peut-être déjà deviné... Savez-vous ce qui me revient tranquillement mais sûrement? Je suis certaine que vous le savez... Si, si, réfléchissez... Mais oui, la piqûre bien sûr! Celle du blog, de la cuisine partagée ici, de la photographie, de vous. La piqûre de vous tous ici qui me lisez et que je lis, pour certains. Et aussi étrange que cela puisse paraître, alors que mon voyage en 2007 m'avait encouragée à m'éloigner, c'est celui que je viens de vivre qui me pousse peu à peu à revenir! J'ai de nouveau envie de me sentir près de vous, alors me revoici, et je n'ai point changé, je suis toujours votre Ninnie! :-)
Alors pour en revenir à ces rouleaux, même s'ils vous rappellent le printemps, ils portent très bien leur nom en raison de deux de leurs ingrédients. L'orange et la bette à carde multicolore (bon, c'est vrai, elle est de saison l'automne, mais comme ça sent l'hiver dehors, pour moi, ça va...). J'ai obtenu cette dernière sur le plateau de l'émission de Daniel Pinard, directement des mains de Marianne des Jardins Urbains, dont je vous parlais dans mon précédent billet. Contrairement à ce que l'on a tendance à croire, la bette à carde a un goût plutôt sucré et, d'ailleurs, plus elle est colorée, plus elle est sucrée. Alors, quoi qu'on en dise, mes petits rouleaux tout doux et tout frais avec leur pointe noisetée et fumée avaient vraiment de quoi me réconforter... que ce soit l'automne, l'hiver, le printemps ou l'été!
Rouleaux hivernaux, sauce aux arachides
Pour 2 rouleaux
Ingrédients
2 c. à soupe de beurre (ou purée) d'arachides (ou autres oléagineux)
2 c. à soupe de yogourt nature
2 c. à soupe de lait de soya
1 c. à thé de sauce soya
Riz blanc cuit (environ 1 poignée!)
Quelques gouttes d'huile de noix de pécan
Suprêmes d'orange
Feuilles de bette à carde multicolore
Tranches de saumon fumé
Feuilles de menthe ciselées
Graines de sésame grillées
2 feuilles de riz
Préparation
Préparer la sauce: dans un petit bol, mélanger le beurre d'arachides, le yogourt, le lait et la sauce soya. Réserver.
Préparer les rouleaux: ajouter quelques gouttes d'huile de noix de pécan (ou de noix, de noisettes, etc.) dans le riz blanc pour l'aromatiser.
Remplir une assiette creuse d’eau tiède et répartir tous les ingrédients dans des bols.
Humidifier un torchon propre et le placer devant soi.
Tremper une première galette de riz dans l'eau tiède, jusqu'à ce qu'elle ramollisse et la déposer sur le torchon.
Sur le côté de la galette opposé à soi, déposer des suprêmes d'orange.
Sur le côté près de soi, déposer une ou deux feuilles de bette à carde et garnir du reste des ingrédients.
Ramener le bas de la galette sur le mélange contenu dans la bette à carde.
Replier les deux côtés de la galette vers l’intérieur.
Finir de rouler en pressant délicatement sur le rouleau. Procéder ainsi pour le deuxième rouleau.
Envelopper dans une pellicule de plastique et réfrigérer jusqu'au moment de servir.
*En Chine, les rouleaux de printemps étaient habituellement mangés à la Fête de Qing Ming, jour de nettoyage des tombes familiales qui a lieu au printemps, début avril. Le rouleau, aisément transportable, aurait selon certains historiens tout d'abord constitué une offrande alimentaire modeste déposée par les plus pauvres sur la tombe familiale avant d'être consommée. Il convenait de plus parfaitement à l'obligation dans certaines régions de manger ce jour-là des mets froids, une tradition ancienne interdisant d'allumer du feu. Source: Wikipédia.
09 novembre 2008
Ninnie, derrière sa Mitaine, a elle aussi, semble-t-il, «Du coeur au ventre»!
Après ma participation à un premier livre de recettes paru fin août, un article très flatteur dans le quotidien La Presse (oui, je sais, je me répète, mais que voulez-vous, je flotte sur mon p'tit nuage, alors c'est comme ça) et un autre dans le numéro de novembre du magazine montréalais gratuit Légende Urbaine, qu'aurais-je bien pu espérer de plus? Un appel du grand Daniel Pinard, peut-être? En fait, jamais je n'y aurais même songé, mais c'est arrivé... La petite Ninnie, dans sa Mitaine, aurait-elle donc, elle aussi, Du coeur au ventre?
J'ai l'air un peu coincée, non? C'est l'émotion.
Après trois semaines d'échanges et de préparatifs sympathiques avec Daniel, qui a magnifiquement su dissiper toutes mes inquiétudes de novice en me disant simplement qu'au fond «la vie est d'autant plus douce qu'elle est simple... on ne s'en fait pas, on se marre et on est libre»... Comment continuer à s'en faire après cela? Impossible. Ces seules paroles ont suffit à chasser tous mes soucis inutiles. Et c'est ainsi que par un samedi matin pluvieux, à 7h30, je me suis présentée chez lui toute fébrile et encore un peu endormie, prête à lui faire découvrir ce petit bout de moi qu'est ma cuisine, pour l'enregistrement de son émission Du coeur au ventre. Comme concept, Daniel avait décidé de me donner carte blanche; nous avons donc cuisiné quatre de mes recettes, dont certaines toujours inédites.
Mais avant de passer en cuisine, j'ai eu la chance de rencontrer les deux propriétaires des Jardins Urbains, qui nous ont généreusement approvisionnés en légumes bio d'une fraîcheur incomparable. Marianne Baron et Reza Mehmannavaz assureront la première partie de l'émission lors de laquelle Daniel visite leurs installations. Et comble du hasard, Marianne et Reza connaissaient déjà mon blog et, si je me fie aux gentils mots et compliments de Marianne à mon égard, ils le suivent avec plaisir. Enfin, avis aux Montréalais et aux banlieusards du sud et du nord : un panier bio, que vous commandez en ligne et que l'on vous livre directement chez vous sans frais, ça vous dirait? Visitez leur épicerie en ligne et ne manquez surtout pas d'en apprendre davantage en visionnant l'émission.
Enfin, comme vous vous en doutez, Daniel Pinard est non seulement cultivé, intelligent et réfléchi, mais il est aussi généreux, attentionné et doté d'un humour irrésistible, d'un rire contagieux, d'une grande ouverture d'esprit et d'un admirable sens du partage. Merci Daniel!
L'émission devrait être diffusée le vendredi 13
février 2009 à 19h (en rediffusion le dimanche suivant à 15h) sur les ondes de Radio-Canada, et pourra ensuite
être visionnée sur le site Web de l'émission durant la semaine qui suit
seulement. Et s'ils ne sont pas coupés au montage, certains extraits pourraient vous apprendre l'une de mes habitudes pour le moins étonnante en cuisine! Pour vous aider à patienter d'ici là (et moi aussi!), je vous présente avec plaisir un des plats que j'avais proposés à Daniel et que nous avons cuisinés ensemble. Bon appétit!
Galettes de polenta au Chèvre noir et au piment d'Espelette,
chutney (rebaptisé ketchup sur le plateau!) de tomates et de figues à l'orange
Donne de 8 portions
Ingrédients
Pour les galettes
- 2 tasses (500 mL) d’eau
- 2 tasses (500 mL) de lait de riz
- 1 1/4 tasse (200 g) de polenta fine
- De 150 g à 200 g de Chèvre noir vieilli 2 ans (Fromagerie Tournevent), râpé
- 1 c. à thé de piment d’Espelette, ou moins (au goût)
Pour le chutney (ou ketchup)
- 1 petit oignon coupé finement
- 1/4 tasse (60 ml) de vinaigre de vin blanc
- 4 ou 5 tomates de vigne, coupées en dés
- 1 tasse (environ 4 ou 5) de figues sèches moelleuses, coupées en petits morceaux
- 1/2 tasse (125 ml) de sirop d’érable (ou 1/2 tasse de cassonade)
- Le zeste d’une orange
Préparation
- Tapisser une plaque à pâtisserie de papier parchemin.
- Dans une casserole, porter l’eau et le lait de riz à ébullition.
- Baisser le feu et verser la polenta en pluie, en remuant constamment pour éviter les grumeaux.
- Quand le mélange commence à épaissir, ajouter le fromage râpé et le piment d’Espelette. Saler. Retirer du feu et bien mélanger.
- En travaillant rapidement, étaler la polenta sur la plaque à pâtisserie (de 1/2 à 1 po d’épaisseur). Lisser la surface et laisser prendre de 1 à 2 heures environ (à température ambiante ou au frigo).
- Pendant ce temps, si les figues ne sont pas moelleuses, les faire ramollir dans un peu de jus d’orange (ou d’alcool comme le Pineau des Charentes ou dans l’eau, tout simplement).
- Faire revenir l’oignon dans une casserole moyenne avec un peu d’huile végétale. Ajouter tous les autres ingrédients, saler et poivrer. Laisser mijoter à feu doux à découvert environ 30 minutes.
- Retirer du feu. Réserver.
- À l’aide d’un emporte-pièce ou d’un verre, découper la polenta.
- Faire dorer les galettes dans l’huile d’olive de chaque côté. Ne négliger pas la quantité d'huile, autrement, les galettes colleront.
- Les servir accompagnées de chutney.
Ne manquez surtout pas la technique de cuisson de la polenta au micro-ondes de Daniel Pinard... Comme en témoigne la photo ci-dessus, j'étais sceptique, mais il m'a bien convaincue que ça fonctionne... Cela dit, je conserverai sans doute mon penchant pour la méthode traditionnelle. :-)
Remarques et variantes :
Pour les galettes, libre à chacun de choisir les liquides et proportions qui conviennent, selon le goût recherché. Outre l’eau, on peut utiliser du lait de vache, de soya, d’amandes ou de riz, ou encore des jus. Pour les carrés desserts à la polenta, rien de mieux que le jus d’orange ou de pomme. Le Chèvre noir vieilli 2 ans de la Fromagerie Tournevent est un fromage dont la texture rappelle le cheddar. On peut donc le remplacer par tout fromage qui se râpe (ou qui fond bien sans être râpé) et dont le goût est assez prononcé (parmesan, cheddar, tomme de brebis). Quant au piment d’Espelette, il cède difficilement sa place, mais il est possible de lui préférer le paprika, le poivre de Séchouan ou du piment doux. Pour un chutney moins sucré, on peut aussi remplacer les figues sèches par des pommes moyennement acides, comme la Spartan ou la McIntosh.
24 octobre 2008
Découvrez une cannebergerie et suivez l'odeur du cake de circonstance
Là,
tout de suite, maintenant, ici... Ça sent bon. Si bon. Il y avait
longtemps que je n'avais pas pris le temps de m'offrir ce plaisir.
J'avais presque oublié cette odeur de cake si rassurante, si
réconfortante, celle qui réchauffe la maison tout entière et vous
confirme que la journée va se terminer tout en douceur. En fin de
soirée, les odeurs parfumées de cakes, de tartes ou de petits gâteaux
me semblent encore plus perceptibles, parfois même malgré ma fatigue. Et
puis aujourd'hui, j'avais tant à faire, tant d'endroits où me rendre au
pas de course que je n'ai rien «senti», du petit matin à l'heure du
souper tout juste terminé. Et ce n'est qu'en vous écrivant, là, tout de
suite, maintenant, ici... que je souffle un peu, que mon esprit se
calme et que ce parfum me ravit. Celui de cet instant précis émane d'un
cake au yaourt tout moelleux, bien citronné et adouci par le sirop
d'érable. Mais par leur caractère vif et acidulé, nos précieuses perles
rouges, ces canneberges de chez nous, redonnent du mordant à ce cake où
se cachent aussi quelques graines de pavot bleu.
Mais avant de se perdre dans mon cake (puis plus tard dans mon estomac), les canneberges passent par tout un processus, que connaissent les grands fans et les curieux de nature, mais qu'ignorent encore bien des gens... tout aussi fans et curieux quand même, je l'espère! Je l'espère d'autant plus que je m'apprête à vous partager les grandes lignes de mon agréable sortie du 11 octobre dernier. Je me suis rendue au Centre d'interprétation de la canneberge à Saint-Louis-de-Brandford, village des Bois-Francs du Centre-du-Québec (à 2 heures de Montréal). Non seulement y avons-nous appris l'histoire de la canneberge au Québec, ses vertus thérapeutiques et nutritives, sa culture et ses méthodes de cueillette, mais nous nous sommes également rendus directement dans les champs pour assister à TOUTES les étapes de la récolte de cette bille lustrée au goût unique et aux mille et une applications en cuisine.
Outre mes photos et mon expérience personnelle, je vous partage ici des extraits de textes trouvés sur Grand Québec, un site québécois très informatif grâce auquel j'ai moi-même appris quelques détails plutôt intéressants sur mon coin de pays! Si vous désirez en savoir plus sur l'histoire et les richesses du Québec, je vous encourage chaleureusement à aller y faire une petite visite virtuelle.
SAINT-LOUIS-DE-BRANDFORD, CAPITALE DE LA CANNEBERGE
Le
village est connu surtout pour son titre de capitale de la canneberge
du Centre-du-Québec. Étant donné que le Canada est le deuxième
producteur de canneberges au
monde après son voisin du sud, que le Québec récolte entre 80% et 90% des
canneberges canadiennes et que dans le Centre-du-Québec se concentre
plus de 70% de la production et de la transformation de la
canneberge, on tire une conclusion simple et logique :
Saint-Louis-de-Blandford est la capitale mondiale de la canneberge (ou
presque).

À gauche, un champ «sec». À droite, un champ inondé que l'on a «gigoté» et qui est en pleine récolte
POMMES DES PRÉS, ATOCAS, POIS DE FAGNE, AIRELLES OU CRANBERRIES?
Qu'on
les trouve dans le dictionnaire ou dans le langage populaire, plusieurs
mots servent à désigner ce petit fruit reconnu pour ces multiples
vertus, mais pour parler du petit fruit des Québécois, aucun mot
n'est aussi juste que celui de canneberge.
La canneberge (vaccinium macrocarpon) fait partie de la famille des éricacées. Cette plante porte des feuilles persistantes qui ne tombent qu’une
fois tous les deux ans. La plante ne dépasse pas trente centimètres de
haut. C’est une plante rampante, dotée de racines qui s'étalent
sur une grande surface. Elle pousse à l'air libre sur les sols acides
et sablonneux. Ses baies acidulées se développent sur les pousses
verticales issues des tiges rampantes. En les couvrant de sable, les tiges horizontales de la canneberge
peuvent s’enraciner et propager le réseau du système racinaire. Un plant de canneberge vit jusqu’à cent ans ou plus.
Par ailleurs, soulignons les qualités médicinales et nutritionnelles de la canneberge. Sa couleur en explique quelques-unes d'entre elles, car celle-ci est due à la présence de composés flavonoïdes (anthocyanines). Ceux-ci possèdent des propriétés antioxydantes, antimicrobiennes et anti-cholestérol qui aident l’organisme à se débarrasser des radicaux libres associés à l’apparition de certaines maladies chroniques, ainsi qu’à lutter contre les infections urinaires et les maladies cardiovasculaires. En outre, elle est dépourvue de sodium et contient peu de sucre et de protéines. De plus, la canneberge est une excellente source de vitamine C. On dit aussi qu'elle limite la formation de plaques dentaires qui cause les maladies des gencives - gingivite et parondontite - et qu’elle diminue le cholestérol sanguin, mais les résultats de ces recherches ne sont pas définitifs.
LA PRODUCTION ET L'INDUSTRIE DE LA CANNEBERGE
Non, détrompez-vous, les canneberges ne poussent pas dans l’eau. La canneberge pousse à l’air libre et c’est, comme la vigne, une plante rampante avec
des racines qui s'étalent sur une vaste surface qui peut s’étendre sur
une longueur de deux mètres ou plus. La canneberge aime
un climat frais et une période d’environ trois ans est nécessaire
avant qu’une plante produise des fruits en quantité suffisante pour
être récoltés. L’idée répandue que la canneberge pousse dans l'eau
provient du fait que les canneberges sont récoltées dans l'eau. C’est
simple, la canneberge
flotte à la surface de l´eau grâce aux poches d’air qui se trouvent à
l’intérieur des fruits, c’est pourquoi la récolte est tellement plus
facile quand on utilise ses capacités naturelles à flotter.
Chaque plantation de canneberge est entourée de digues de 1 à 2 mètres de hauteur. Au temps de la récolte, chaque champ ainsi entouré est inondé d’eau. La plante est donc sous l’eau et la batteuse mécanique permet de détacher les fruits de la plante sans qu’aucun dommage ne soit causé aux racines ni aux feuilles. Les fruits ou les baies se mettent donc à flotter.
Puis, armés d'un long
«boudin», les récolteurs ramène tranquillement et patiemment les
petites billes flottantes près des bords et les dirigent vers la pompe
menant aux récipients. Envoyées dans le centre de réception, les canneberges sont
nettoyées, triées selon la couleur et leurs conditions générales. Des
canneberges de classe A sont destinées à la vente au détail pour
l’Action de grâce. Le reste est congelé afin de conserver la qualité
naturelle des baies. Différents produits peuvent être présentés pendant
toute l'année, selon la demande du public.
À l'échelle mondiale, ce sont les États-Unis qui alimentent 85% de la
production de canneberges principalement dans les États du
Massachusetts, du Wisconsin, du New Jersey, en Orégon et dans l’État de
Washington. Le
Canada suit les États-Unis avec 29 mille tonnes, soit environ 12%
de la production mondiale. De 1990 à nos jours, la production
canadienne a triplé grâce à l’augmentation des plantations et à
l’amélioration des rendements et de la technologie développée au
Québec. Notre province produit environ 80% de la production canadienne
de canneberges, mais la Colombie-Britannique, le Nouveau-Brunswick, la
Nouvelle-Écosse, l'Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve ont aussi leurs
plantations commerciales. Environ deux tiers de la production du Québec
est achetée et transformée par trois entreprises du Centre-du-Québec.
Il faut souligner que c’est au Québec que les canneberges biologiques sont produites et que la récolte de fruits biologiques représente plus de 2 mille tonnes, soit 15% de la production totale québécoise. Aujourd’hui, c’est l’entreprise Canneberge Bieler qui agit comme chef de fil «cannebergien» dans ce créneau au Canada. Elle est suivie par Fruits d’Or. L’Association des producteurs de canneberges du Québec (APCQ) regroupe aujourd’hui une quarantaine de producteurs. Toute nouvelle entreprise qui veut travailler dans ce secteur doit obtenir un certificat d’autorisation du ministère de l’Environnement du Québec.
La canneberge se commercialise sous forme de fruits frais, fruits entiers congelés, concentrés de jus, fruits déshydratés, fruits en sauce, coulis, fruits confis, etc. Lors de ma visite, j'ai aussi appris que des chercheurs tentent à l'heure actuelle de développer des procédés permettant de fabriquer d'autres dérivés de la canneberge, comme de la farine et de l'huile de canneberge!
Source des textes: grandquebec.com
Et maintenant qu'on les a
entre les mains, on en fait quoi? On leur fait honneur. Et la voilà de
nouveau qui entre en scène, là, tout de suite, maintenant, ici, vous savez, cette
odeur...
Cake canneberges-citron au yaourt et au pavot bleu
Ingrédients
- 60 ml de sirop d'érable
- 1 oeuf
- 1 c. à soupe d'huile végétale
- 50 ml de lait de soya
- 1 tasse de yaourt de brebis à la vanille
- le zeste et le jus de 2 citrons
- 3/4 tasse de canneberges fraîches
- 1 tasse (140 g) de farine blanche non blanchie bio
- 1 tasse (140 g) de farine de blé entier bio
- 1 c. à thé de bicarbonate de sodium
- 2 c. à soupe de graines de pavot bleu
Préparation
- Préchauffer le four à 350 degrés F.
- Graisser légèrement un moule à cake et le tapisser de papier parchemin (pour faciliter le démoulage).
- Mélanger le sirop d'érable, l'huile et l'oeuf dans un premier bol. Incorporer le lait de soya et le yogourt, le jus des citrons et les canneberges. Bien brasser.
- Dans un deuxième bol, mélanger les farines, le bicarbonate de sodium, le zeste des citrons et les graines de pavot.
- Incorporer le mélange d'ingrédients liquides et mélanger pour amalgamer. Étendre la préparation (elle sera épaisse et collante) dans le moule et faire cuire environ 55 minutes.
- Laisser refroidir avant de démouler.
23 septembre 2008
Un article, deux recettes et plus que trois jours
Quand une boîte contenant des exemplaires d'un livre de quelque 360 pages part de la France en direction du Québec... laissez-moi vous dire qu'elle se fait attendre! Mais l'attente en valait le coup! Ce magnifique livre, mon premier dans un collectif de talentueuses amies, blogueuses, blogueur et photographe, je l'ai enfin entre les mains! Depuis une semaine, je n'arrive pas en m'en détacher. Je dévore les sections des filles avec délectation, j'admire les photos, et je trouve fascinant le fait que même loin les unes des autres, nous avons réussi de concert à transmettre une passion, à écrire des mots et créer des recettes et photos de manière vraiment harmonieuse.
Par ailleurs, l'idée d'écrire un bref résumé de mon parcours de blogueuse culinaire pour ensuite l'envoyer au quotidien La Presse avait fait surface bien avant la sortie de L'Atelier bio. Et si mon histoire pouvait susciter un certain intérêt au sein du public? On ne sait jamais. Alors, juste au cas, je leur ai partagée.
À peine trois heures après l'envoi de mon texte, une journaliste de La Presse me téléphone pour que je lui accorde une entrevue! (Long silence) Vous savez, quand on fait son petit bonhomme de chemin, tranquillement et sans prétention, quand on agit en fonction de ses passions et de ce qui nous tient à coeur, et quand tout cela nous vient naturellement, on ne peut qu'être surpris de constater à quel point notre vécu peut attirer l'attention des gens autour de nous, et ce, peu importe le vécu en question. Vous croyez que j'ai raison?
Quelques jours avant la parution de l'article, le site Web du quotidien, cyberpresse.ca, a publié dans ses «pages» deux de mes recettes tirées de L'Atelier bio, section printemps, accompagnées des magnifiques photos de Myriam. Comme elles sont déjà en ligne, donc offertes à tous, j'ai eu envie de vous les partager ici, dans mon espace à moi (que je néglige trop d'ailleurs), en me disant qu'il y a peut-être quelques personnes parmi vous qui n'ont pas eu vent de cette publication sur le Web... J'espère surtout qu'elles vous donneront envie de découvrir les autres!

Photo de Myriam Gauthier-Moreau
Velouté de fanes de radis et de perles du Japon au cumin
Ingrédients
Pour 2 personnes
- Les fanes d'1 botte de radis
- 1 oignon nouveau avec sa tige
- 1 c. à s. d'huile d'olive
- 1 c. à c. de cumin
- 500 ml de lait de soja
- 40 g de perles du Japon
Préparation
- Laver et couper les fanes de radis en lanières. Couper le blanc de l'oignon en quartiers et émincer le vert. Dans une casserole, chauffer l'huile d'olive.
- Faire revenir les fanes de radis, le blanc et le vert de l'oignon. Assaisonner de cumin et mélanger. Incorporer le lait de soja, saler et poivrer. Couvrir et cuire à feu doux pendant 15 minutes.
- Dans une autre casserole, cuire les perles du Japon dans un volume d'eau pendant 10 minutes. Égoutter et réserver.
- Mixer les légumes au robot culinaire, puis remettre dans la casserole. Incorporer les perles du Japon et faire mijoter pendant 5 minutes, tout en remuant.
- Déguster cette soupe nature ou accompagnée d'une salade de radis et de jeunes pousses de roquette à l'orange.
***
Photo de Myriam Gauthier-Moreau
Salade de persil et de rhubarbe aux framboises
Ingrédients
Pour 4 personnes
- 4 c. à s. de sucre de canne
- 1 c. à s. de fleur de sel
- 1/2 c. à c. de cannelle en poudre
- 400 g de rhubarbe
- 1/2 bouquet de persil haché
- 3 poignées de feuille de chêne
- 2 échalotes ciselées
- 1 petite poignée d'amandes effilées
- 250 g de framboises
Pour l'assaisonnement :
- 125 ml d'huile d'olive
- Le jus de 2 citrons
- 1 c. à c. de sirop d'érable
Préparation
- Préparer la salade : dans un bol, mélanger le sucre de canne, la
fleur de sel et la cannelle. Éplucher et couper la rhubarbe en
tronçons. Cuire à la vapeur pendant 12 minutes. Rouler immédiatement
les tronçons dans le mélange sucre/fleur de sel/cannelle et réserver
pendant 5 minutes pour laisser sécher.
- Dans un saladier, mélanger le persil, la feuille de chêne et les
échalotes. Ajouter les tronçons de rhubarbe. Dans une poêle, torréfier
les amandes à sec. Réserver.
- Préparer l'assaisonnement : dans un bol, mélanger la moitié des
framboises, l'huile d'olive, le jus des citrons, le sirop d'érable et
du poivre.
- Verser sur la salade et mélanger. Décorer du reste des framboises et parsemer d'amandes grillées.
Variante
Si par chance vous dénichez du sucre d'érable, utilisez-le à la place du sucre de canne !
***
Pour terminer, j'aimerais remercier tous ceux et celles qui m'ont écrit pour me féliciter à la suite de la sortie du livre. Cela me fait très chaud au coeur... et c'est encourageant pour la suite, s'il y a lieu, bien entendu! :-)
Ensuite, je dois vous confier que depuis quelques heures, je n'ai plus qu'une chose en tête... Mon retour en France après seulement un peu plus d'an. Eh oui! Vendredi soir à la sortie du bureau, valise à la main, je me dirigerai directement à l'aéroport de Montréal pour m'envoler vers Paris... Je ne disposerai que d'une bien courte semaine, mais déjà, je sais qu'elle serait riche, très riche. J'ai hâte... Plus que trois jours. À tout bientôt!
25 août 2008
Du blog au livre - sortie de L'atelier bio
Au début, il y avait un simple mais vif intérêt pour la cuisine. Puis, les forums de discussion sur la cuisine et les blogs des copines ont rapidement fait leur chemin jusqu'à ma vie au quotidien. Mon blog est né du désir de partager à mon tour ma cuisine et mes mots et de me joindre plus « officiellement » à une communauté que je savais déjà riche en découvertes culinaires et en rencontres. À l’époque, j’ignorais encore tout ce que mon petit blog de cuisine allaient me faire vivre en retour…
D'un jeu culinaire à l'autre, en passant par un voyage tout à fait inoubliable, des échanges outre-mer et quelques piques-niques, il me semble que je n'ai jamais réellement perdu cet émerveillement. Vous savez, celui que l'on ressent quand on prend conscience du comment et du pourquoi tout cela a commencé... et jusqu'où cela nous a mené.
Aujourd'hui, cette émotion est à son comble alors que c'est avec beaucoup de fierté que je vous présente mon tout dernier projet. Je me fais (très) rare ici, mais n'allez pas croire que je n'ai plus le désir de partager. Au contraire!
Aujourd'hui (le 2 septembre en librairie) paraît aux éditions La Plage L'atelier bio - ingrédients, recettes et savoir-faire... un beau-livre auquel j'ai eu le plaisir de participer, aux côtés de Anne, Clea, Amandine et Olivier, Nathalie, Nolwenn et Myriam.
Faisant plus de 300 pages au look très girly, le livre contient quelque 500 recettes et 200 photos (réalisées par la talentueuse Myriam). Anne assure la première partie de l'ouvrage en guidant le lecteur dans les rudiments de la cuisine bio (ingrédients, préparation, etc.). Puis se succèdent les quatre saisons. L'été vous est présenté par Amandine et Olivier, l'automne revient à Clea, Nathalie, Anne et Nolwenn se partagent les plats de l'hiver et, quant à moi, je vous propose plus de 50 recettes printannières.
Enfin, côté desserts, c'est Nolwenn qui revient en force avec de délicieuses crèmes, gâteaux, biscuits bio, etc.
Voilà! L'expérience m'a beaucoup plu et j'ai très hâte de le voir en vrai! Merci à ceux et celles qui m'ont donné un coup de pouce et qui n'ont cessé de m'encourager! Enfin, j'espère que le livre vous plaira autant qu'il m'a plu d'y participer!
***
Aux éditions La Plage
L'Atelier bio - ingrédients, recettes et savoir-faire
Offert à compter du 25 août chez l'éditeur (2 septembre en librairie), 324 pages, 32 euros
Pour un descriptif complet, cliquez ici.
Auteures
Nolwenn Bernard, Anne Brunner, Clea, Fannie Denault, Amandine Geers et Olivier Degorce, Nathalie Nagy-Kochmann
Photographe
Myriam Gauthier-Moreau
Commandes
Chez l'éditeur
Sur Amazon.fr
Au Québec, le distributeur des livres publiés aux éditions La Plage est Diffusion Raffin. Le livre devrait être offert dans les librairies Raffin, dès son arrivée au Québec. J'ignore encore si d'autres librairies l'offriront. Je vous tiens au courant!
28 avril 2008
Mexican Cheesecake
En voilà une autre de ces idées dont je parlais la dernière fois. Ces idées qui nous trottent longtemps en tête. Comme Loukoum, je cherche souvent de nouvelles saveurs pour ensuite les décliner en cheesecake. Et, bien entendu, toujours au risque de me tromper, car ce n'est jamais grave de faire fausse route. C'est plutôt instructif pour la fois suivante. Et puis, si je n'avais pas risqué aujourd'hui, comment aurais-je pu savourer cette petite merveille toute piquante et cacaotée?
L'année dernière, à mon anniversaire, Loukoum m'a offert, entre autres, du chocolat au chili. Un mélange détonant que j'avais adoré... et qui m'a, de toute évidence marquée, puisqu'aujourd'hui, presque un an plus tard, je me l'approprie pour donner une saveur mexicaine à mon dessert favori! Et pour satisfaire mon penchant pour les noix, j'ai ajouté des noix de cajou concassées dans la croûte... Pas une mauvaise idée que celle-là!
Mexican Cheesecake au cacao et au chili
Ingrédients
- 175 g de chapelure de biscuits Graham
- 50 g de noix de cajou grillées et hachées finement
- 1 pincée de sel
- 70 g de margarine végétale
- 1 kilo (4 paquets) de fromage à la crème Philadelphia
- 80 g de sucre
- 3 c. à soupe de poudre de cacao
- 1/4 c. à café de poudre de chili
- 1/4 c. à café de cannelle moulue
- 4 oeufs
Préparation
- Dans un petit bol, mélanger la chapelure de biscuit, les noix de cajou et le sel. Ajouter la margarine et, du bout des doigts, mélanger pour obtenir une texture granuleuse.
- Presser ce mélange au fond d'un moule à charnière d'environ 9 pouces (23 cm) couvert de papier sulfurisé et beurré sur les côtés. Réserver au réfrigérateur.
- Préchauffer le four à 325 degrés F.
- Dans un saladier, battre le fromage à la crème pendant 2 minutes. Ajouter le sucre, la poudre de cacao et les épices. Incorporer les oeufs, un à la fois, en battant que très légèrement entre chaque.
- Verser ce mélange dans le moule, sur la croûte refroidie. Secouer légèrement le moule pour bien répartir l'appareil.
- Enfourner de 50 minutes à 1 heure. Laisser refroidir complètement et réfrigérer 24 heure ou une nuit.
Verdict : Les noix apportent vraiment une touche originale et croquante à la croûte. À refaire en en ajoutant un peu plus... Quant à l'appareil fromager, la texture était parfaite, riche et crémeuse. Pour ce qui est du goût, j'aurais aimé percevoir davantage le cacao et le chili. Les quantités seront à revoir pour un prochain essai.
Variante : remplacer la poudre de chili par du piment d'Espelette!
17 avril 2008
Salade de betteraves à la cannelle
Il y a de ces idées qui vous effleurent l'esprit, qui le traversent et qui s'enfuient. Il y en a d'autres qui surgissent, qui séduisent, qui trottent et s'embrouillent. D'autres encore vous tourmentent, vous enchantent et se concrétisent. Parmi celles-là, il y en a qui choquent, qui sèment le doute, suscitent des réticences.
Une salade de betteraves à la cannelle, je vous dis! Ben oui, pourquoi pas? Avec du persil à part de ça! Qu'importe les regards sceptiques qu'ont posés sur moi quelques réfractaires aux saveurs inédites. Parce que moi, j'aime bien penser que ce sont justement ces mêmes idées inédites qui caractérisent le plus ma cuisine... Et vous, qu'est-ce qui caractérise votre cuisine en quelques mots. J'ai fait l'exercice récemment, et j'en suis venue à cela : intuition, créativité, simplicité. Par conséquent, voilà ma salade de betteraves à la cannelle... délicieuse en passant.
Ingrédients
- 600 g de betteraves crues, pelées et coupées en quartiers
- 1 petit bouquet de persil italien haché grossièrement
- 1 c. à soupe de ciboulette ciselée
- Le zeste d'un citron
- 2 c. à soupe d'huile d'olive extra vierge
- 1 1/2 c. à soupe de vinaigre balsamique blanc (ou à défaut, du vinaigre de vin blanc)
- 1/4 c. à thé de cannelle moulue (voire plus si vous êtes vraiment fan)
- 1 poignée de pignons de pin grillés
Préparation
- Faire cuire les quartiers de betterave à l'eau bouillante pendant environ 20 minutes.
- Rincer, égoutter et laisser refroidir.
- Dans un saladier, mélanger les betteraves, le persil, la ciboulette et le zeste de citron.
- Dans un petit bol, fouetter l'huile d'olive, le vinaigre et la cannelle. Verser sur la salade et mélanger.
- Réfrigérer pendant environ 30 minutes.
- Au moment de servir, garnir de pignons de pin fraîchement grillés (important si vous voulez obtenir ce petit contraste chaud froid très agréable sous la dent).

































