29 juin 2010
Salade patati et patata
Un petit retour, entre deux changements de couche (je me lave les mains, n'ayez crainte), les purées et les prouts prouts sur la bédaine... juste le temps d'une petite recette estivale. Comment faire autrement? Le temps est si bon et beau! Avec un bébé, on en fait des kilomètres en poussette! Je pense que je n'ai jamais autant passé de temps à l'extérieur. L'autre jour, j'avais envie de mettre de côté le mélangeur à purées pour concocter un bon petit plat juste pour moi, et ce, sans tomber dans l'ordinaire ou le vite fait parce que le temps me manque. Bébé a eu sept mois le 18 juin dernier, et je peux maintenant dire que je commence à avoir un peu plus les mains libres. Il me surprend à devenir de plus en plus indépendant, jouant assis tout seul avec ces blocs et toutous. Bien entendu, il aime toujours autant qu'on le prenne et le cajole, ou encore que mamie lui fasse la lecture ;-) Bref, cette fois-ci, je me suis dit que j'allais profiter de la nouvelle indépendance de Milou (de son surnom) pour me remettre à cuisiner par plaisir et non plus seulement par nécessité. Et maintenant qu'il me fait de superbes nuits (de 19h à 6h), j'ai aussi un peu de temps pour venir vous écrire à l'occasion! Chouette, non? Quand l'envie m'a prise de m'y remettre, peu de choix se présentaient à moi dans le frigo et le placard, mais j'ai quand même pu marier quelques ingrédients intéressants pour créer une nouvelle petite salade simple toute fraîche et nourrissante. Salade de lentilles et de pommes de terre grelot au citron et pignons
01 mars 2009
Salade de choux de Bruxelles... crus!
Je ne cuisine pas que mes recettes. Je cuisine aussi celles des autres. Je suis une blogueuse adepte de blogs. Je n'aurais jamais pu devenir l'une sans d'abord avoir été l'autre. Je lis beaucoup de blogs, mais je commente peu. Pour cela, je me soigne peu à peu, mais garder le fil n'est pas chose facile. Parmi les blogs que j'aime lire, il y a celui de Heidi, le célébrissime 101 Cookbooks qui présente de très belles recettes saines et souvent surprenante. D'ailleurs, c'est sur son blog que j'ai repéré dernièrement la recette d'une salade peu ordinaire. Moi qui ne suis pas très friande de choux de Bruxelles, je n'ai quand même pas réussi à résister à l'envie de les goûter crus! Allez savoir pourquoi! Le goût du risque peut-être. Et s'ils goûtaient meilleurs crus? La recette semblait si simple et exquise que je me la suis appropriée en lui apportant quelques touches personnelles.
Verdict: étonnamment, le chou de Bruxelles cru m'a semblé plus doux que le cuit! J'ai beaucoup aimé! Pour redécouvrir les choux de Bruxelles, je vous suggère d'aller voir les autres alléchantes façons de les apprêter que propose Heidi. Avis aux réfractaires... Ils sauront peut-être finalement vous plaire ;-)
500 g de choux de Bruxelles
1 petite poignée de menthe hachée
1 poignée de tomates séchées, coupées en petits morceaux
1 échalote émincée
3/4 tasse (100 g) d'amandes nature, hachées grossièrement et grillées
3 cuillères à soupe d'huile d'olive
1 cuillère à soupe de vinaigre balsamique
Le jus d'un citron
Poivre rose (ou baies roses) concassé
Fromage feta
Retirer les premières feuilles défraîchies des choux de Bruxelles. Les laver, puis les «effilocher» au robot. Mettre dans un grand saladier. Ajouter la menthe, les tomates séchées, l'échalote et les amandes. Dans un petit bol, fouetter l'huile d'olive, le vinaigre balsamique et le jus de citron. Poivrer et verser sur la salade. Mélanger et parsemer de feta.
19 février 2009
Gratin de brocoli au lait d'amande et au cumin
Si l'envie me prend de cuisiner un gratin, c'est qu'il fait moche dehors. Tout dans un gratin a de quoi réconforter n'importe quelle âme sensible aux climats difficiles, non? L'arôme du fromage fondu, puis grillé, les savoureux légumes couverts des caresses d'une délicate sauce crémeuse... On soupire, satisfait. Puis, on en redemande. Au diable le temps qui fait. On n'y pense même plus tellement celui qui règne dans la cuisine suffit à soigner toutes nos mauvaises humeurs. Parfois, ça ne prend que ça.
Voilà un gratin qui a parfaitement su combler mes besoins! Ici, le choix du cumin (un choix qu'approuvera Nicole, une lectrice du blog, qui m'en parlait justement dans un courriel cette semaine) apporte une touche indienne à ce plat plutôt classique. Puis, continuons d'oser un peu en utilisant du lait d'amande (nature et non sucré - important!) et en saupoudrant quelques amandes en bâtonnets pour l'effet «craquant» comme dirait Dom. Je suis pas mal satisfaite du résultat. Un plat très doux, réconfortant à souhait, exactement comme je l'espérais.
1 brocoli moyen (de 4 à 5 tasses)
3 gros oeufs
450 ml de lait d'amande nature (non sucré)*
2 échalotes émincées
1 poignée d'amandes en bâtonnets
1/2 cuillère à café de cumin, ou plus, au goût
1/2 cuillère à café de coriandre moulue
60 g de parmesan râpé
Préchauffer le four à 400 °F (200 C°). Huiler un plat à gratin. Détailler le brocoli en bouquet et faire cuire à la vapeur jusqu'à ce qu'il soit cuit, mais encore croquant. Égoutter les bouquets de brocoli, puis les mettre dans le plat. Dans un saladier, battre les oeufs et le lait d'amande. Incorporer les échalotes, les amandes et les épices. Saler et poivrer. Verser la préparation sur les bouquets de brocoli. Saupoudrer de parmesan. Enfourner sur la grille du haut et laisser gratiner environ de 25 à 30 minutes, ou jusqu'à ce que le tout soit bien doré.
Variante: remplacez le brocoli par du chou-fleur et le cumin par de la muscade ou de la fève tonka, si vous en trouvez (Philippe de Vienne en vend). Dans les deux cas, supprimez la coriandre. Vous pouvez également remplacer le parmesan par de la levure maltée, en vente dans les boutiques d'alimentation naturelle (Rachelle-Béry, Tau, Aliments Merci, etc.).
*Vous trouverez du lait d'amande dans certains supermarchés (ils n'en tiennent pas tous), ou dans des boutiques d'alimentation naturelle, avec les laits de soja et de riz.
24 décembre 2008
Pain de couscous aux poivrons marinés
Vous, vous êtes superstitieux
ou pas? Moi, je ne le suis pas, et je ne l'ai jamais été. Mais la
semaine dernière, j'ai passé proche de le devenir... Sauf que là,
maintenant, je sais que jamais je ne le deviendrai.
D'abord, deux miroirs cassés. Accroché bêtement d'un coup de balai, mon grand miroir de chambre tout neuf se fracasse à mes pieds. Plus de peur que de mal. Le lendemain, alors que je suis dans la pièce d'à côté, l'un des miroirs de la salle de bain tombe sur les carreaux. Lui, à peine fêlé; moi, un peu troublée. Bah! «Les superstitions, j'y crois pas». Ouais... c'est pas si simple de juste pas y croire. C'est un signe? Un miroir cassé, sept ans de malheur... et de deux. Quatorze? Bon, bon, ça va faire. Plus tard, dehors, en tentant tant bien que mal d'éviter les zones glacées des trottoirs, je me faufile entre quelques personnes pour rapidement prendre le chemin qu'aucune autre ne semble vouloir prendre. Je comprends pourquoi une fois de l'autre côté seulement. Comme répondant à un appel, je fais volte face; je viens de rompre le triangle de l'échelle. Bon, pourquoi m'en faire au fond? Ce n'est pas la première fois, pourquoi est-ce qu'aujourd'hui, ce serait différent? Restaient le sel et le chat noir. Vendredi dernier, j'ai gâché un plat en raison d'une salière dont l'embout a lâché, laissant s'échapper suffisamment de sel pour non seulement ruiner mon souper, mais aussi ajouter une grosse pincée aux signes annonciateurs d'un malheur qui semblait se dessiner. Et pour les chat noirs, inutile d'en parler... Pas moins de cinq errent sur ma rue quotidiennement. J'y suis habituée. Avouez qu'après ça, toute personne vraiment superstitieuse se serait attendue à la pire des catastrophes. J'y croyais presque... jusqu'à ce qu'arrive dimanche.
Dimanche, toute la journée, j'ai senti dans mon coeur comme une rafale de petits bonheurs.
De nombreuses bonnes nouvelles se sont succédé, effaçant peu à peu tous
les précédents signes si décourageants. Au matin de cette journée, j'ai
bravé la tempête pour prendre le petit déjeuner en compagnie d'une
personne que j'avais côtoyée dans un contexte plutôt expéditif et un
environnement bondé, et avec laquelle j'avais très envie d'approfondir mes
rapports. Ces trois heures passées ensemble m'ont confirmé tous les
points communs que je nous soupçonnais d'avoir, malgré nos nombreuses
différences. Trois heures de discussions tantôt profondes tantôt
anodines, de regards complices et de rires, de confidences et de
projets d'avenir. Nous avons parlé bouffe, évidemment. De nos
expériences, de nos préférences et de nos approches respectives. Sur le
chemin du retour, quoique désorientée par la neige qui m'aveuglait, je
voyais clairement. Je voyais que quand on aime et qu'on y croit, quand
on sème tranquillement ses petites graines ici et là, inévitablement,
ça se met à fleurir autour de soi. Il faut apprendre à ignorer les
mauvaises herbes et continuer à arroser et à admirer toutes ces fleurs qui nous agayent.
Et le lien avec la recette présentée? Je l'avoue, cette longue introduction était bien plus un prétexte pour vous partager mes pensées heureuses, mais je crois tout même possible d'en établir un. Voyez-vous, aujourd'hui, trois jours plus tard, je suis encore étonnée de voir à quel point cette personne a su si bien me lire. Quelques-uns de ses propos : «Il y a chez toi cette façon de nier la nourriture pour la réinventer.» C'est trop vrai. Quand j'observe des aliments à cuisiner, j'ai souvent et instinctivement tendance à vouloir les détourner du chemin qu'ils ont l'habitude de prendre. J'ai envie de m'aventurer hors des sentiers battus, d'expérimenter autre chose que ce que l'on attend d'eux. Pour preuve, le pain du jour (ou terrine, c'est comme vous voulez). Cette fois-ci, avec le couscous, point de salade, de taboulé ou de plat royal. Que non. Pourquoi ne pas rendre au couscous la vraie nature du couscous? Celle qui lui «colle à la peau». Oui, son caractère collant, justement. Pourquoi l'égrainer constamment et avec acharnement, alors qu'à merveille, il colle si naturellement? Voici un plat qui change des mets de couscous que l'on connaît tous. Un plat coloré qui pourrait aussi très bien plaire sur votre table des Fêtes.
Pain de couscous aux poivrons marinés, olives et feta (version améliorée)
2 tasses (250 g) de couscous tamisé bio
2 tasses (500 ml) de bouillon aux fines herbes (ou légumes, poulet, etc.)
Poivrons rouges et jaunes rôtis marinés, coupés en lamelles
Le zeste et le jus d'un citron
100 g (environ 3/4 tasse) de feta de brebis
1 poignée d'olives, tranchées finement
4 c. à soupe de yogourt nature
Sel, poivre, épices et herbes au goût (fenouil, basilic, romarin, persil, etc.)
Mettre le couscous dans un grand saladier. Verser le bouillon chaud, couvrir et laisser gonfler de 5 à 10 minutes. Tapisser un moule à cake d'une pellicule de plastique. Y déposer les lamelles de poivrons, en faisant monter sur les côté et en alternant les couleurs, puis réserver. Une fois le couscous cuit, incorporer le zeste et le jus du citron, les olives, le yogourt et les herbes. Saler, poivrer et mélanger. Étendre dans le moule en veillant à ce que les extrémités des lamelles de poivrons restent sur les côtés. Procéder graduellement, en pressant fortement à l'aide d'une cuillère (ou des mains; ça va beaucoup mieux) pour que les grains de couscous collent bien. Couvrir et réfrigérer au moins deux heures. Retourner sur un plat de service pour démouler. Tirer délicatement sur la pellicule de plastique pour aider au démoulage. Trancher et servir avec un coulis de poivrons rôtis (mixer quelques poivrons rôtis avec un soupçon de miel).
Ce pain se décline à volonté, en plat sucré ou salé. Laissez ces petites graines de bonheur vous inspirer!
JOYEUSES FÊTES!
22 novembre 2008
Salade de lentilles à ce que l'on veut bien qu'elle soit
Il y a à peine quelques semaines, je ne connaissais pas Daniel Pinard. Bon oui, évidemment que je savais qui il était, mais j'ignorais encore quel était son genre de cuisine, ce qu'il préconisait, etc. Je le connaissais pour ses apparitions souvent remarquées et toujours à propos, mais, je l'avoue maintenant, honte à moi, jamais je n'avais visionné ses émissions... Alors, inutile de vous dire qu'avant de me rendre sur les lieux du tournage il y a deux semaines, j'avais fait mes devoirs. J'avais feuilleté ses deux bouquins de cuisine et visionné deux ou trois de ses émissions. Mais me retrouver face à lui sans trop le connaître par l'entremise de la télévision m'aura sans doute aidée à le découvrir de la plus simple des façons: en personne, certes, mais, dans ce cas-ci, surtout par écrit. Durant un mois, nous avons assidûment correspondu pour discuter «récettes» et savoir-faire, saveurs et variantes, produits d'ici et coups de coeur d'ailleurs, dans le but de préparer l'émission dont je vous ai déjà parlé, mais également celle dont le tournage avait lieu aujourd'hui et duquel je reviens à l'instant. Et bien oui, j'ai eu droit non pas à une, mais à deux participations à l'émission Du coeur au ventre de Daniel Pinard. Moi, privilégiée? Oui, et je le sais.
Notre correspondance et nos conversations sur le plateau m'ont appris bien des choses sur lui, sa cuisine, sa philosophie, son caractère, etc., mais si je devais résumer tout cela en une seule idée, je vous dirais sans hésiter que ce que prône Daniel en cuisine, c'est avant tout la simplicité. Le plaisir et la simplicité. Le bonheur de se laisser aller, de se laisser inspirer par des saveurs, des textures et des arômes pour réinventer les plats à sa manière, et ce, sans jamais trop s'inquiéter. Oser sans peur de se tromper! Quand j'ai compris ça, j'ai aussi compris pourquoi il m'avait invitée. Pourquoi il trouvait mon blog si charmant et «exquis», et mon approche si semblable à la sienne. Nous cuisinons des plats de nature radicalement opposée, mais nous nous rejoignons dans notre manière d'aborder la cuisine... c'est-à-dire avec liberté.
Voilà
qui m'amène à vous présenter cette recette toute simple qui se prête
justement à l'idée d'un esprit libre en cuisine. Les salades de
lentilles, de couscous, de riz, de millet, etc. ont cela de merveilleux
qu'elles peuvent prendre l'allure et le goût que vous aurez bien envie
de leur donner. Inutile de vous poser davantage de questions! Mais pour
faire la bonne fille, je vais quand même vous mentionner ce que
celle-ci contient, en espérant tout de même que vous réaliserez la
vôtre à votre façon!
Salade de lentilles au fenouil et aux tomates séchées
Ingrédients
1 boîte de lentilles brunes, rincées et égouttées
1 grosse poignée de jeunes pousses d'épinards hachées
1 petite poignée de tomates séchées coupées en petits morceaux
1 bulbe de fenouil, émincé
3 c. à soupe d'huile d'olive
1 c. à soupe de vinaigre de vin blanc
1 pincée de sucre de canne
Le zeste et le jus de 2 citrons verts
Sel de céleri
Préparation
Dans un saladier, mélanger les lentilles, les pousses d'épinards, les tomates séchées et le bulbe de fenouil.
Dans un petit bol, fouetter l'huile d'olive, le vinaigre de vin blanc,
le sucre de canne, le zeste et le jus des citrons verts et le sel de
céleri. Verser sur le mélange de lentilles.
Réfrigérer pendant 20 minutes, le temps que les arômes se développent.
***
Mes amis, dans la colonne de droite, j'ai ajouté la fonction «cyberbulletin», ou newsletter
comme le disent certains, auquel vous pouvez vous
abonner si vous le souhaitez (et les petits timides peuvent même le faire de manière anonyme). Je ne promets rien, c'est-à-dire que je
ne m'engage pas à vous écrire un bulletin de nouvelles chaque mois,
mais si à l'occasion, j'ai envie de vous partager une nouvelle
particulière (ou de vous rappeler les dates de diffusion, de ces deux émissions: les 13 février et 17 avril,),
un quartier ou un endroit sympa de Montréal ou des alentours, des photos prises ici et là au gré de mes promenades et découvertes (comme celle-ci prise près du bureau au centre-ville de Montréal par un matin de brouillard... les rayons du soleil dans la brume étaient éblouissants de beauté), et
pourquoi pas des vidéos de tempêtes de neige (hein Tit'?),
c'est là que je le ferai. Puis, comme il ne s'agira nullement d'une
publication réglée comme une horloge, vous aurez toujours la surprise
de me voir arriver!
09 novembre 2008
Ninnie, derrière sa Mitaine, a elle aussi, semble-t-il, «Du coeur au ventre»!
Après ma participation à un premier livre de recettes paru fin août, un article très flatteur dans le quotidien La Presse (oui, je sais, je me répète, mais que voulez-vous, je flotte sur mon p'tit nuage, alors c'est comme ça) et un autre dans le numéro de novembre du magazine montréalais gratuit Légende Urbaine, qu'aurais-je bien pu espérer de plus? Un appel du grand Daniel Pinard, peut-être? En fait, jamais je n'y aurais même songé, mais c'est arrivé... La petite Ninnie, dans sa Mitaine, aurait-elle donc, elle aussi, Du coeur au ventre?
J'ai l'air un peu coincée, non? C'est l'émotion.
Après trois semaines d'échanges et de préparatifs sympathiques avec Daniel, qui a magnifiquement su dissiper toutes mes inquiétudes de novice en me disant simplement qu'au fond «la vie est d'autant plus douce qu'elle est simple... on ne s'en fait pas, on se marre et on est libre»... Comment continuer à s'en faire après cela? Impossible. Ces seules paroles ont suffit à chasser tous mes soucis inutiles. Et c'est ainsi que par un samedi matin pluvieux, à 7h30, je me suis présentée chez lui toute fébrile et encore un peu endormie, prête à lui faire découvrir ce petit bout de moi qu'est ma cuisine, pour l'enregistrement de son émission Du coeur au ventre. Comme concept, Daniel avait décidé de me donner carte blanche; nous avons donc cuisiné quatre de mes recettes, dont certaines toujours inédites.
Mais avant de passer en cuisine, j'ai eu la chance de rencontrer les deux propriétaires des Jardins Urbains, qui nous ont généreusement approvisionnés en légumes bio d'une fraîcheur incomparable. Marianne Baron et Reza Mehmannavaz assureront la première partie de l'émission lors de laquelle Daniel visite leurs installations. Et comble du hasard, Marianne et Reza connaissaient déjà mon blog et, si je me fie aux gentils mots et compliments de Marianne à mon égard, ils le suivent avec plaisir. Enfin, avis aux Montréalais et aux banlieusards du sud et du nord : un panier bio, que vous commandez en ligne et que l'on vous livre directement chez vous sans frais, ça vous dirait? Visitez leur épicerie en ligne et ne manquez surtout pas d'en apprendre davantage en visionnant l'émission.
Enfin, comme vous vous en doutez, Daniel Pinard est non seulement cultivé, intelligent et réfléchi, mais il est aussi généreux, attentionné et doté d'un humour irrésistible, d'un rire contagieux, d'une grande ouverture d'esprit et d'un admirable sens du partage. Merci Daniel!
L'émission devrait être diffusée le vendredi 13
février 2009 à 19h (en rediffusion le dimanche suivant à 15h) sur les ondes de Radio-Canada, et pourra ensuite
être visionnée sur le site Web de l'émission durant la semaine qui suit
seulement. Et s'ils ne sont pas coupés au montage, certains extraits pourraient vous apprendre l'une de mes habitudes pour le moins étonnante en cuisine! Pour vous aider à patienter d'ici là (et moi aussi!), je vous présente avec plaisir un des plats que j'avais proposés à Daniel et que nous avons cuisinés ensemble. Bon appétit!
Galettes de polenta au Chèvre noir et au piment d'Espelette,
chutney (rebaptisé ketchup sur le plateau!) de tomates et de figues à l'orange
Donne de 8 portions
Ingrédients
Pour les galettes
- 2 tasses (500 mL) d’eau
- 2 tasses (500 mL) de lait de riz
- 1 1/4 tasse (200 g) de polenta fine
- De 150 g à 200 g de Chèvre noir vieilli 2 ans (Fromagerie Tournevent), râpé
- 1 c. à thé de piment d’Espelette, ou moins (au goût)
Pour le chutney (ou ketchup)
- 1 petit oignon coupé finement
- 1/4 tasse (60 ml) de vinaigre de vin blanc
- 4 ou 5 tomates de vigne, coupées en dés
- 1 tasse (environ 4 ou 5) de figues sèches moelleuses, coupées en petits morceaux
- 1/2 tasse (125 ml) de sirop d’érable (ou 1/2 tasse de cassonade)
- Le zeste d’une orange
Préparation
- Tapisser une plaque à pâtisserie de papier parchemin.
- Dans une casserole, porter l’eau et le lait de riz à ébullition.
- Baisser le feu et verser la polenta en pluie, en remuant constamment pour éviter les grumeaux.
- Quand le mélange commence à épaissir, ajouter le fromage râpé et le piment d’Espelette. Saler. Retirer du feu et bien mélanger.
- En travaillant rapidement, étaler la polenta sur la plaque à pâtisserie (de 1/2 à 1 po d’épaisseur). Lisser la surface et laisser prendre de 1 à 2 heures environ (à température ambiante ou au frigo).
- Pendant ce temps, si les figues ne sont pas moelleuses, les faire ramollir dans un peu de jus d’orange (ou d’alcool comme le Pineau des Charentes ou dans l’eau, tout simplement).
- Faire revenir l’oignon dans une casserole moyenne avec un peu d’huile végétale. Ajouter tous les autres ingrédients, saler et poivrer. Laisser mijoter à feu doux à découvert environ 30 minutes.
- Retirer du feu. Réserver.
- À l’aide d’un emporte-pièce ou d’un verre, découper la polenta.
- Faire dorer les galettes dans l’huile d’olive de chaque côté. Ne négliger pas la quantité d'huile, autrement, les galettes colleront.
- Les servir accompagnées de chutney.
Ne manquez surtout pas la technique de cuisson de la polenta au micro-ondes de Daniel Pinard... Comme en témoigne la photo ci-dessus, j'étais sceptique, mais il m'a bien convaincue que ça fonctionne... Cela dit, je conserverai sans doute mon penchant pour la méthode traditionnelle. :-)
Remarques et variantes :
Pour les galettes, libre à chacun de choisir les liquides et proportions qui conviennent, selon le goût recherché. Outre l’eau, on peut utiliser du lait de vache, de soya, d’amandes ou de riz, ou encore des jus. Pour les carrés desserts à la polenta, rien de mieux que le jus d’orange ou de pomme. Le Chèvre noir vieilli 2 ans de la Fromagerie Tournevent est un fromage dont la texture rappelle le cheddar. On peut donc le remplacer par tout fromage qui se râpe (ou qui fond bien sans être râpé) et dont le goût est assez prononcé (parmesan, cheddar, tomme de brebis). Quant au piment d’Espelette, il cède difficilement sa place, mais il est possible de lui préférer le paprika, le poivre de Séchouan ou du piment doux. Pour un chutney moins sucré, on peut aussi remplacer les figues sèches par des pommes moyennement acides, comme la Spartan ou la McIntosh.
28 juin 2007
Chronique d'un wrap ethnique
J'ai la chance d'avoir un ami sympa qui m'offre des balades en voiture et qui sait où m'amener pour me faire plaisir. Grâce à lui, j'ai mis la main sur un produit de plus en plus difficile à trouver ici. Vous auriez dû me voir la tête quand nous sommes entrés chez Adonis, LE plus GRAND marché spécialisé en produits libanais de Montréal. Difficile de savoir par où commencer. La fraîcheur et la qualité des produits à très bons prix, le local immense super bien aménagé, l'ambiance, les odeurs, les couleurs, la convivialité. Une adresse à retenir et un endroit à explorer encore et encore. Pas vrai Tarzile?
Allons-y donc pour un lunch aux saveurs libanaises. Et tiens, justement: pour la 11e édition de l'événement À vos casseroles, Marie-Laure est curieuse de connaître les recettes qu'inspire aux internautes son thème Cuisine du monde. Moi, je propose que l'on se prépare un petit wrap. Avis aux adeptes. Mais nul besoin de pita ni de tortilla. Non, aujourd'hui, on goûte au pain national libanais, le Markouk.
Le pain Markouk est un gigantesque pain serviette mince comme une feuille de papier, et dont le diamètre peut atteindre 1 mètre. Les Libanais le consomment en accompagnement du célèbre mezze. La préparation de ce pain de montagne nécessite un savoir-faire très précis et une cuisson au saj. Cela dit, si vous avez envie (et le courage) de tenter le coup, consultez la recette et les détails offerts sur ce blog. Aucune garantie quant aux résultats par contre!
Comme garniture, j'ai choisi des valeurs sûres, celles que m'a recommandées mon ami. Lui, il y ajoute du miel comme ingrédient secret... mais ça, ça reste juste entre lui et moi. ;-) Enfin, si la cuisine libanaise vous intéresse, allez vite dire bonjour à Salwa.
Pain Markouk et labné aux olives noires et à la menthe
Ingrédients
- Pain Markouk
- Hommos
- Labné
- Olives noires
- Jus de 1/2 citron
- Beaucoup de menthe, un peu de coriandre
- Sel et poivre
Préparation
- Couper le Markouk en deux (si vous ne voulez pas finir avec plus de pain que de garniture... un peu comme moi, quoi!)
- Garnir gaiement et rouler.
- Savourer. C'est frais, c'est doux, c'est amusant et ça sent l'été.
J'ai un petit quelque chose à vous confier: j'essaie, petit à petit, de ne plus ouvrir Bloglines pour lire mes blogs favoris... Ça me désole, mais le grand départ arrive vite et je dois consacrer le temps qu'il me reste aux préparatifs de dernière minute (lavage, repassage, etc. - rien de bien réjouissant comparé aux lectures de vos blogs!)... Je ne serai donc pas très présente dans la blogosphère avant le grand jour, et j'espère que ça ne vous chagrinera pas trop. ;-) Mais je vous reviens samedi sans faute... avec un billet de départ tout spécial. À bientôt!
***
Plus que 2 DODOS avant le GRAND DÉPART
31 mai 2007
Cake soleil au poivron, chèvre et cari
Au boulot, vous le savez peut-être déjà, j'organise à l'occasion des lunchs communautaires. Chacun participe selon ses moyens et ses envies. Certains apportent le fruit de leurs efforts culinaires, d'autres préfèrent s'en remettre au fromager ou au boulanger du coin. Dans un cas comme dans l'autre, tout le monde est bienvenu. Je ne le répéterai jamais assez: l'important c'est d'être présent. C'est de participer sans se casser la tête avec la crainte de ne pas savoir cuisiner. D'ailleurs, je constate que plusieurs vivent souvent avec la peur de manquer une recette et de ne pas être à la hauteur. Et pourtant, chacun ses talents, non? Moi, je sais peut-être cuisiner, mais je ne connais pas grand chose au tricot, par exemple!
Enfin, cette fois-ci, je ne vous présente que ma contribution, faute de temps. Pour la recette, je me suis fiée aux proportions de l'un des nombreux cakes que nous offre Marie-Laure sur Ô délices. Désolée pour les proportions en grammes seulement... décidément, moi et le temps, nous ne sommes pas copain copain actuellement.
Parlant de copain (j'en ai quand même quelques-uns...). Je vous présente celui qui voyagera avec moi cet été. Ce petit échevelé me vient d'un très bon ami. Pour le remercier de cette gentille attention, je fais une mini place dans mes bagages pour le toutou couleur soleil et lui attribue le rôle de porte-bonheur officiel. :-)
Ingrédients
- 200 g de poivrons jaunes ou oranges, en petits morceaux
- 2 oeufs
- 170 g de farine
- 1 c. à soupe de levure (poudre à pâte)
- 2 c. à thé de cari
- 1 c. à thé de curcuma
- 1 pincée de sel
- 100 ml de lait
- 50 ml d'huile d'olive
- 100 g de chèvre
Préparation
- Préchauffer le four à 350 degrés F.
- Faire revenir les poivrons dans un peu d'huile quelques minutes, jusqu'à ce qu'ils soient tendres.
- Dans un bol, battre l'oeuf avec la farine, la levure, les épices et le sel. Incorporer le lait et l'huile d'olive.
- Ajouter les poivrons et le fromage de chèvre en morceaux. Bien mélanger.
- Verser dans un moule huilé et tapissé de papier sulfurisé (facilite le démoulage).
- Enfourner de 45 à 50 minutes et laisser refroidir complètement avant de démouler et de trancher.
20 avril 2007
Crème de céréales chaudes du matin, un rêve d'enfance
Ceci n'est pas une simple cuillère. Et ce n'est certes pas non plus une cuillère parmi tant d'autres cuillères.
Cette cuillère, c'est la cuillère du bonheur. C'est la plus grande, la plus élégante, c'est celle qui cède à la tentation, qui explore et qui fouille partout, sans hésitation. Cette cuillère, c'est celle qui comble les envies, qui prend son temps en bouche, qui séduit le palais, qui plaît. C'est celle qui termine le fond du pot, qui râcle les bords sans remords. Cette longue cuillère, c'est aussi la cuillère à dessert, celle que l'on sort du tiroir pour un plat réconfort. Chez moi, il n'y a qu'une seule cuillère de ce genre, et toujours, je lui réserve ce qu'il y a de meilleur.
Chaque matin, depuis plusieurs semaines, cette cuillère jouit d'un petit déjeuner tout à fait digne de la princesse que, plus petite, je me plaisait à jouer.
Crème de céréales chaudes, fraises, pistaches et cardamome
Donne 2 portions
Ingrédients
- 2 tasses d'eau
- 1 généreuse pincée de sel de mer (ne pas l'oublier; elle est essentielle)
- 2/3 tasse de son d'avoine pulvérisé (type Quaker)
- Fraises fraîches et sucrées, tranchées finement
- 1 c. à thé de cardamome
- 1 c. à thé d'extrait de vanille pur (ou les graines de 1/2 gousse)
- Pistaches grillées, hachées
Préparation
Pour les grasses matinées
- Amener l'eau et le sel à ébullition.
- Ajouter le son d'avoine très lentement (pour éviter la formation de grumeaux), en remuant constamment. Ramener à ébullition, puis baisser le feu de nouveau.
- Cuire à feu moyen de 1 à 3 minutes en remuant fréquemment. Laisser reposer hors du feu pour faire épaissir.
Pour les matins pressés
- Combiner l'eau (seulement 1 1/2 tasse), le sel et le son d'avoine dans un bol allant au micro-ondes.
- Cuire sans couvrir à intensité élevé de 2 à 3 minutes, en remuant à la mi-cuisson. Bien remuer et laisser reposer, couvert de 1 à 2 minutes.
Les céréales chaudes évoquent pour moi les petits déjeuners de mon enfance. Leur texture lisse et crémeuse rappelle celle des préparations pour jeunes enfants. Impossible alors de ne pas m'imaginer trente ans en arrière. Les fraises sucrées rafraîchissent la bouchée, les pistaches donnent un irrésistible croquant et l'ajout de cardamome confère au plat une touche un peu plus adulte. :-)
Je profite de ce retour en enfance, pour répondre à l'invitation de Cécile et de Claude-Olivier. Toute petite, j'ai sans doute eu un tas de souhaits et de rêves. Difficile de se les remettre en mémoire; il y a si longtemps. Mais une chose me revient de façon récurrente: quand j'étais petite et que, entre autres, je cueillais des marguerites, je rêvais d'être rapidement une grande personne. Et aujourd'hui? Ironie. Je m'efforce de ne pas perdre de vue l'enfant qui vit en moi.
21 mars 2007
Méli-mélo de brocoli et de châtaignes d'eau, miel et muscade
Quand on cuisine sur demande, on cherche à innover, à se surpasser, à surprendre. C'est normal. Vous vous souvenez de la commande que m'avait fait l'Interprofession des fruits et légumes frais pour son bulletin du mois de mars? Créer deux recettes, chacune autour d'un aliment vedette. D'abord, un fruit, la framboise. Après mûre réflexion, j'ai concocté un goûter à boire coco-framboise super nutritif, qui a suscité de très sympathiques commentaires. Puis, ce fut au tour du brocoli. Vous désirez de nouvelles idées pour le cuisiner? Potage, gratin, tarte, salade, sauté, purée? En moins d'un mois, je crois qu'elles y sont toutes passées.
L'idée autour de ce légume fut plus difficile à élaborer, pour la simple et unique raison que je trouvais le brocoli moins, disons... coquet. La framboise avait si merveilleusement comblé mes envies d'une cuisine délicate et parfumée qu'une fois devant le brocoli, je ne savais plus trop vers quoi m'orienter. J'ai finalement choisi de revenir à l'essentiel et de prêcher la simplicité. Un accompagnement vitaminé qui, bien que ultra facile à préparer, offre tout ce que j'aime en cuisine : fraîcheur, sucré-salé, croquant, couleur et tendreté. Et la vinaigrette à la muscade (épice de mon enfance), c'est la touche qui fait vraiment toute la différence!
Donne 2 portions
Ingrédients
- 1 brocoli moyen (environ 250 g), coupé en petits bouquets
- 200 g de châtaignes d'eau en boîte ou fraîches, coupées en rondelles
- 2 c. à soupe d'huile d'olive
- 1 c. à soupe de vinaigre de riz
- 1 c. à thé de miel
- 1/4 c. à thé de muscade moulue
- Fleur de sel et poivre blanc du moulin, au goût
Préparation
- Cuire les bouquets de brocoli à la vapeur, tout juste 5 minutes. Ils doivent être croquants.
- Rincer immédiatement à l'eau froide pour stopper et garder la couleur éclatante. Laisser refroidir.
- Rincer et égoutter les châtaignes d'eau. Dans un saladier, mélanger les bouquets de brocoli refroidis et les rondelles de châtaignes.
- Dans un petit bol, mélanger l'huile d'olive, le vinaigre de riz, le miel et la muscade. Incorporer au mélange précédent et bien remuer.
- Au service, saupoudrer de fleur de sel et poivrer.































